Son patrimoine
l'église

Au centre de Saint-Père, il y a l’église autour de laquelle le bourg s’est construit et continue de se construire. On pense que quatre églises se sont succédées à Saint-Père. La première entre le VIe et le Xe siècle, la seconde du Xe à la fin du XIVe siècle, la troisième du début du XVe siècle au commencement du XXe, celle-ci fût démolie et fit place à l’église actuelle qui fut reconstruite au même emplacement mais avec une orientation différente. Elle est l’œuvre de Messieurs Regnault, architecte diocésain, Tubin frère entrepreneur et Martin sculpteur. La première pierre fût posée le 8 décembre 1901 par M. le Chanoine Lebret et fut consacrée par M. Laboure le 16 octobre 1904. On peut y voir une très belle verrière dont certains fragments sont classés, ainsi que la pierre tombale des Seigneurs de Saint-Père fixée au mur extérieur. L’église de Saint-Père possède aussi un magnifique lutrin, pupitre placé dans le chœur d’une église, en bois sculpté représentant un aigle.
La Malouinière de Launay Ravilly

C’est une petite malouinière, superbe dans un écrin de verdure. Elle a remplacé, vers 1730, l’ancien manoir converti en ferme. Elle comprend un corps de logis classique, à double façade. Au-dessus du rez-de-chaussée, de plain-pied, s’élèvent un premier étage et un second mansardé. Des murs soutiennent la cour en terrasse. La fondation de Launay-Ravilly remonterait, dit-on, au VIIe siècle, au temps où l’évêque d’Aleth, Ravilly (663-670), administrait le pays. Le manoir et le domaine ont appartenu, de haute antiquité, à la famille de Gouyon. Après être passé par héritages successifs entre les mains des familles de Tréal, de Guitté, de Québriac, il fut acquis par N.H Jéhan de Launay en 1550. Depuis cette date, il est resté et est toujours habité par les descendants de cette famille.
Propriété privée - Monument classé.
La Malouinière de la Picaudais

La malouinière de
la Picaudais semble avoir été édifiée entre 1727 et 1731 par deux architectes de Saint-Servan : Vincent Perré Delacroix et Guillaume Ruffier, pour Jean Hérisson. La famille Hérisson était une famille de Saint-Malo, d'armateurs de bateaux pour la Chine. Il existait une chapelle domestique, détruite pendant la Révolution.
Le Château du Bois Martin
Autrefois le Bois Bouvier, il se situe Rue du Bois Martin en direction de Saint-Guinoux. On trouve sa trace depuis 1440, il appartenait à « gens de bas estat » les Bouvier. Il passa ensuite aux Chouë puis à leurs descendants. Il fut vendu au siècle dernier à la Société Saint-Gobain qui en fit une colonie de vacances. Aujourd’hui, il est occupé par une branche traditionnelle de l’église catholique qui y a ouvert une école.
le Moulin de Beauchet
En 1870, l’usine à marée de Beauchet se composait de deux moulins sous le même toit, comprenant trois paires de meubles, actionnées par trois chevaux, donnant pendant neuf heures une mouture de 1125 kgs de blé chacune. En 1933, Beauchet était actionné par une turbine hydraulique de 27 CV aménagée pour une mouture de 80 quintaux par 24 heures. « La mer s’engouffre à marée haute, dans une retenue entourée de digues. Quand le bassin est rempli, les « grands portiers » se ferment automatiquement sous la pression liquide. L’étang, à vannes mobiles, se vide en actionnant les roues motrices ». Aujourd’hui personne ne va plus moudre son blé à Beauchet, propriété privée, que l’on peut voir dominant l’étang du même nom, au bas de la côte de la Lyonnais, sur la route qui va des Gastines à Saint-Suliac.
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La chapelle Saint-Roch
Il y avait autrefois une chapelle dans chaque village (VII au XVIIIe siècles). Au village des Gastines, Il reste aujourd’hui la chapelle Saint-Roch. Saint-Roch était reconnu pour guérir de la peste. On lui faisait donc une place particulièrement importante en ces temps où les épidémies se succédaient. Abside arrondie à l’Est, entrée unique en façade Ouest, fenêtre cintrée à droite et à gauche, campanile avec sa cloche d’origine sur le pignon. A l’intérieur, un simple autel qui supportait autrefois Saint Roch entre Saint fabien et Saint Sébastien, détruits en partie à la Révolution. Il ne reste que Saint Roch , restauré, qui est revenu occuper sa place au dessus de l’autel. Du côté de l’Epitre un placard où l’on rangeait les archives. Une balustrade en bois sépare le sanctuaire de la nef. (Possibilité de visite, se renseigner à la mairie)
Le Fort de Saint-Père
Entre France et Angleterre, de 1740 à 1763 se déroule une véritable guerre : la guerre de sept ans. Par deux fois, en juin et septembre 1758, les Anglais débarquent sur nos côtes avec l’objectif de prendre Saint-Malo par les terres mais échouent. Le traité de Paris signé en 1763 met un terme à cette guerre. Mais parallèlement, aux Etats-unis, la guerre d’indépendance prend corps et il est déjà question d’un soutien de la France, ce qui affirme de plus en plus sa position ennemie vis à vis de l’Angleterre. Une nouvelle invasion anglaise est probable et des dispositions sont à prendre. La question d’établir une fortification est plus que jamais posée.

Lors de son inventaire en 1695, Vauban avait décrit le site de Châteauneuf comme « position militaire importante pour la défense de la province de Bretagne ». Mort en 1707, il influence pourtant la décision à prendre, sa renommée faisant acte de garantie d’efficacité. Sa réputation de maître en offensive et en défensive reste actuelle, on se souvient alors de l’expression populaire « ville assiégée par Vauban, ville prise ; ville protégée par Vauban, ville imprenable ».
La conception est confiée à De Carpilhet, colonel au corps royal du génie, et De Caux, directeur des fortifications de Bretagne. Il s’agit d’un fort bastionné équipé de fossés et chemins couverts sans ouvrages extérieurs. L’enceinte se compose de quatre bastions flanqués, séparée par des courtines dont la principale abrite 26 casemates de part et d’autres d’une porte centrale équipée d’un pont-levis raccordant le glacis.
Les travaux commencent en janvier 1777 et dureront huit ans. Entre 1782 et 1783 se construit la poudrière, longue de 46 mètres de longueur par 13 mètres de large, c’est le plus

beau bâtiment de l’ensemble mais aussi la plus grande poudrière d’Europe. Flanquée de nombreux contreforts extérieurs sur sa longueur, elle permet de forcer une onde verticale plutôt que latérale en cas d’explosion de ses réserves de poudres. Elle sera plus tard utilisée pour stocker les réserves d’explosifs des fortifications côtières pour ne leur laisser que le nécessaire au service journalier; sage solution face à l’idée de stocker de grandes quantités d’explosifs dans les remparts de Saint-Malo...
Les conditions de travail sont éprouvantes, le détail des heures effectuées ramène une moyenne stable de 13 heures par personne et par jour. A la fin du chantier en 1785, on dénombre plus de 50 morts. Au bout de huit ans, le fort est terminé. Son fonctionnement défensif ne laisse que peu de chances à un potentiel ennemi. En cas de siège, il peut contenir plus de 3000 hommes et dispose en théorie de ressources suffisantes pour subvenir à leurs besoins.
Le Fort construit trop tardivement ne joue pas son rôle de défense mais en revanche il sert lors des deux Guerres Mondiales. Pendant la Première Guerre mondiale, des soldats allemands y sont prisonniers et lors de la Seconde Guerre mondiale, il devient un dépôt de munitions et de torpilles pour l’armée allemande.

Aujourd’hui, le Fort ne comporte plus que 13 casemates. Avant de quitter le fort en 1944, l’armée allemande fait sauter toutes les casemates situées à droite de l’entrée.
Dès la fin de l’année 1944 le fort retrouve sa vocation de dépôt de munitions. Le fort est déclassé par l’armée puis remis au domaine pour la vente en 1988.
C’est en 1989 qu’il est racheté, dans un triste état, par la commune de Saint-Père Marc en Poulet. La municipalité et un groupe de bénévoles convaincus se mettent alors au travail pour lui redonner vie. Le fort ouvre, pour la première fois, ses portes au public dès le mois de juillet 1989.
Son entretien et sa rénovation sont aujourd’hui assurés par un chantier d’insertion.
Manifestations culturelles, événements sportifs et visites guidées se succèdent aujourd’hui régulièrement.